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E-reporting : définition, obligations, fonctionnement et guide complet

Mis à jour du 15/10/2026

e-reporting

L’e-reporting est l’un des deux piliers de la réforme de la facturation électronique 2026.
Contrairement à l’e-invoicing, il ne concerne pas l’échange de factures entre entreprises françaises, mais la transmission de données de transaction à l’administration fiscale.

 

L’e-reporting complète l’e-invoicing dans le dispositif global de la réforme 2026.

>> Comprendre la réforme de la facture électronique 2026

 

Qui est concerné ? Quelles données doivent être transmises ? À partir de quand ?

Voici le guide complet pour comprendre l’obligation d’e-reporting et assurer votre conformité.

 

Mise à jour du 30/09/2026 : ce que précise le BOFiP

 

Le BOFiP du 30/09/2026 (ACTU-2026-00145) précise l’obligation de transmission des données issue de l’article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022 :

  • e-reporting de transaction : opérations réalisées avec des non-assujettis et opérations réalisées à l’international (article 290 du CGI) ;
  • e-reporting de paiement : opérations dont l’exigibilité de la TVA est l’encaissement (article 290 A du CGI) ;
  • application aux factures émises ou, à défaut, aux opérations dont le fait générateur intervient à compter du 1er septembre 2026 (grandes entreprises, ETI et assujettis uniques) ou du 1er septembre 2027 (PME et micro-entreprises).

 

Les dispositions relatives à la facturation électronique (article 289 bis du CGI) feront l’objet de commentaires ultérieurs.

 

Qu’est-ce que l’e-reporting ?

 

L’ordonnance n°2021-1190 du 15 septembre 2021 confirmée par la Loi de finances rectificative de 2022 établit un périmètre d’application de cette réforme.

 

L’e-reporting désigne l’obligation de transmettre à l’administration fiscale certaines données relatives à des opérations qui ne relèvent pas de la facture électronique obligatoire.

 

Périmètre de la réforme de la facture électronique

  • e-invoicing -> factures B2B domestiques
  • E-reporting -> données B2C + international+ encaissements

 

Il s’inscrit dans le cadre du contrôle continu de TVA (CTC – Continuous Transaction Controls), visant à :

 

  • Lutter contre la fraude à la TVA
  • Améliorer la connaissance en temps réel de l’activité économique
  • Pré-remplir à terme les déclarations de TVA

 

L’e-reporting complète donc l’e-invoicing dans le dispositif global de la réforme 2026.

 

Quelles différences entre e-reporting et e-invoicing ?

 

E-invoicing E-reporting
Factures B2B domestiques Transactions B2C ou internationales
Échange de factures électroniques Transmission de données de transaction
Obligation via PA Transmission via PA
Facture structurée (Factur-X, UBL…) Données agrégées ou détaillées selon cas

 

En résumé :

  • L’e-invoicing = transmission de la facture
  • L’e-reporting = transmission des données fiscales associées

 

Qui est concerné par l’obligation d’e-reporting ?

 

L’e-reporting concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA réalisant :

 

1️⃣ Des ventes à des particuliers (B2C)

Ex : commerce de détail, e-commerce, prestations de services à des particuliers.

 

2️⃣ Des opérations internationales

  • Ventes à des clients étrangers
  • Prestations de services hors France

 

3️⃣ Certaines données d’encaissement

Notamment pour les prestations de services soumises à la TVA sur les encaissements.

 

4️⃣ Les opérations réalisées via des marketplaces

La responsabilité déclarative dépend du modèle d’intermédiation.

 

👉 Les micro-entreprises sont concernées à compter du 1er septembre 2027. Celles qui bénéficient de la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI) transmettent leurs données de transaction tous les bimestres civils.

 

Sont notamment exclues de l’e-reporting de transaction les opérations exonérées et dispensées de facturation en application des articles 261 à 261 E du CGI.

Fournisseur e-reporting

Le fournisseur est assujetti à la TVA et établi en France. L’acheteur est à l’étranger (UE ou hors UE)

Achat e-reporting

L’acheteur assujetti à la TVA et établi en France réalise une acquisition de biens ou de services auprès d’un fournisseur étranger (hors importations de biens)

 

 

Fournisseur-Achat e-reporting

Le fournisseur étranger et un client étranger réalisent des opérations imposables en France (UE ou hors UE). Lorsque l’acquéreur ou le preneur, assujetti non établi en France, est le redevable de la TVA, l’obligation s’applique aux opérations dont le fait générateur intervient à compter du 1er septembre 2027, quelle que soit la catégorie d’entreprises.

En complément du e-reporting sur les transactions non couvertes par l’e-invoicing, il existe un cas où l’administration fiscale a besoin d’un e-reporting spécifique pour connaître la date d’exigibilité de la TVA : il s’agit du e-reporting de paiement.

 

Il concerne les opérations visées par l’article 290 A du CGI dont la TVA est exigible à l’encaissement, notamment les prestations de services et l’encaissement préalable d’acomptes. En effet, contrairement aux factures de biens ou de services avec TVA sur les débits, la date d’exigibilité de la TVA n’est pas implicite.

 

Les données sont à transmettre par l’assujetti soumis à l’obligation, c’est-à-dire l’émetteur de la facture ; il s’agit notamment de la date d’encaissement effectif et du montant encaissé, réparti par taux de TVA. Pour les opérations facturées électroniquement, elles sont transmises par la mise à jour du statut « Encaissée » de la facture.

Quelles données doivent être transmises en e-reporting ?

 

L’e-reporting impose la transmission de certaines informations à l’administration fiscale. Ces obligations varient selon le type de transaction :

 

Données à transmettre :

 

  • Montant et nature de la transaction
  • Taux de TVA applicable
  • Identité de l’acheteur (si applicable)
  • Date de l’opération
  • Date d’exigibilité
  • Données de paiement (selon cas)

 

L’objectif est de permettre à l’administration fiscale de reconstituer la TVA collectée.

Les modalités précises dépendent du type d’opération (B2C, international, encaissement).

 

Fréquence et délais de transmission :

 

La fréquence et les délais de transmission dépendent du régime d’imposition à la TVA de l’assujetti, et non de la taille de l’entreprise. Le tableau ci-dessous les récapitule pour les données de transaction et de paiement.

 

En l’absence d’opérations sur une période, aucune transmission n’est attendue. Les données sont transmises par la plateforme agréée dans un fichier structuré au format XML. Pour les opérations avec des personnes non assujetties, elles sont globalisées par jour.

 

Les entreprises doivent respecter ces délais pour éviter d’éventuelles sanctions financières.

 

Fréquence et délais de transmission e-reporting

 

* Sources : BOI-TVA-DECLA-20-30-50-30 ; tableau des fréquences et délais de transmission (DGFiP, mise à jour août 2026). Le délai du 30 du mois pour la période 2 ne s’applique pas en février. Le régime réel normal trimestriel concerne les entreprises qui paient moins de 4 000 € de TVA par an.

 

À compter du 1er janvier 2027, le régime simplifié d’imposition à la TVA est supprimé (article 38 de la loi de finances pour 2025). Les entreprises concernées relèvent alors du régime réel normal et de la fréquence de transmission correspondante. Ce tableau évoluera à cette date.

 

Calendrier d’entrée en vigueur

 

L’e-reporting suit le même calendrier progressif que la réforme globale :

 

  • 1er septembre 2026 : obligation pour les grandes entreprises, les ETI et les assujettis uniques (article 256 C du CGI)
  • 1er septembre 2027 : obligation pour les PME et micro-entreprises

 

Ces dates s’appliquent aux factures émises ou, à défaut, aux opérations dont le fait générateur intervient à compter de ces dates.

Toutes les entreprises devront donc être en capacité de transmettre leurs données avant fin 2027.

 

Comment fonctionne techniquement l’e-reporting ?

 

La transmission des données s’effectue via une Plateforme Agréée / PA (ex-PDP)

 

Étapes du processus :

 

  1. Collecte et structuration des informations de transaction
  2. Formatage des données selon les standards fiscaux
  3. Transmission via une PA
  4. Contrôle et validation par l’administration fiscale

 

Le recours à une PA permet de centraliser e-invoicing et e-reporting dans un environnement sécurisé.

 

Quelles sanctions en cas de non-conformité

 

Le non-respect de l’obligation d’e-reporting expose l’entreprise à des sanctions fiscales progressives. La DGFiP a confirmé une approche graduée lors du forum FNFE-MPE de mai 2026.

 

En cas de défaut de transmission ou d’erreur répétée :

 

  • Amendes forfaitaires par donnée manquante
  • Plafonnement annuel mais cumul possible
  • Risque accru de contrôle fiscal
  • Blocage potentiel des flux dans certains cas

 

L’e-reporting s’inscrit dans un dispositif de contrôle automatisé. L’anticipation est donc stratégique.

 

Le BOFiP du 30/09/2026 prévoit deux mesures de tolérance :

 

  • lorsque le destinataire d’une facture soumise à l’obligation de facturation électronique ne figure pas dans l’annuaire des destinataires, l’émetteur et le destinataire ne sont pas sanctionnés pour cette facture (article 1737, III et IV bis du CGI). L’émetteur transmet alors les données de la transaction comme s’il avait réalisé l’opération au profit d’un non-assujetti ;

 

  • l’assujetti qui a opté pour le paiement de la TVA sur les débits n’est pas sanctionné (article 1788 D, II du CGI) s’il ne transmet pas les données de paiement pour les opérations dont la TVA reste exigible à l’encaissement. Les règles d’exigibilité et de déclaration de la TVA ne sont pas modifiées.

 

Pourquoi passer par une PA est stratégique ?

 

Au-delà de l’obligation réglementaire, choisir une PA permet :

 

  • De centraliser e-invoicing et e-reporting
  • De sécuriser les flux
  • D’anticiper les contrôles automatisés
  • D’assurer l’archivage électronique conforme
  • De garantir l’interopérabilité (Peppol, API…)

 

L’e-reporting n’est pas une simple formalité déclarative : il constitue un élément clé de la conformité fiscale 2026.

 

>> Découvrir le guide pour réussir avec une PA

 

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FAQ

L’e-reporting remplace-t-il la déclaration de TVA ?

Qui est concerné par la facturation électronique ?

Faut-il transmettre les tickets de caisse ?

Quelle différence entre PA et Solution Compatible (ex-Opérateur de Dématérialisation) ?

Pour mettre en place votre e-reporting via une PA immatriculée, découvrez eDemat de Tenor.

 

* Sources : BOFiP ACTU-2026-00145 du 30/09/2026 ; BOI-TVA-DECLA-20-30-50 ; BOI-TVA-DECLA-20-30-50-10 (champ d’application) ; BOI-TVA-DECLA-20-30-50-20 (données de transaction à transmettre) ; BOI-TVA-DECLA-20-30-60 (données de paiement).